Magazine Costa Blanca

PUBLICITÉ

Sánchez sous pression : l'Espagne entame la trêve estivale

Sánchez sous pression : l'Espagne entame la trêve estivale
Le Congrès espagnol a invité politiquement le Premier ministre Pedro Sánchez à envisager un vote de confiance. Les voix de Junts ont été décisives. Il ne s'agit pas d'une chute du gouvernement, mais d'un signe clair de la difficulté croissante à évaluer les majorités à Madrid.

Le Congrès accentue la pression sur Sánchez

Peu avant la pause estivale du Parlement, le gouvernement espagnol a essuyé un revers cuisant. Le Congrès a adopté une motion du PP (parti conservateur) demandant au Premier ministre Pedro Sánchez d'envisager un vote de confiance s'il ne convoque pas de nouvelles élections.

La majorité a été assurée par le PP, Vox, l'UPN et Junts. Le soutien de Junts, en particulier, a un poids politique considérable. Le parti catalan de Carles Puigdemont ne fait pas partie du gouvernement, mais il a joué un rôle décisif à plusieurs reprises pour Sánchez depuis le début de la législature, lorsque les votes au Parlement étaient serrés.

D'un point de vue juridique, le vote ne lie en rien Sánchez. En Espagne, le Parlement ne peut pas imposer un vote de confiance ; cette décision relève de la seule compétence du chef du gouvernement. Sur le plan politique, ce vote est néanmoins bien plus qu’une simple pique symbolique. Il montre que Sánchez ne peut plus compter en toute sécurité sur ses anciens alliés pour obtenir une majorité lors de projets importants.

Ce qui a été voté

La motion du PP était initialement formulée en termes plus fermes. Deux points – la demande d'élections anticipées immédiates et celle de la démission de l'ensemble du gouvernement – n'ont pas été admis au débat par le bureau du Congrès.

Le vote portait toutefois sur la demande adressée à Sánchez d'envisager un vote de confiance. Un autre point, qui utilise politiquement à l'encontre du chef du gouvernement les enquêtes pour corruption menées dans l'entourage des socialistes, a également recueilli une majorité.

Le PP y voit la preuve que Sánchez ne dispose plus d'une base parlementaire stable. Les socialistes parlent d'une manœuvre politique sans conséquences juridiques. Ces deux points reflètent en partie la situation : la motion ne fait pas tomber le gouvernement. Elle met toutefois en évidence à quel point sa marge de manœuvre s'est rétrécie.

Junts met Sánchez sous pression

Le fait que le PP et Vox votent contre Sánchez n'est pas surprenant. C'est Junts qui fera la différence. Ces derniers mois, ce parti a montré à plusieurs reprises que son soutien ne pouvait être considéré comme une majorité durable pour le gouvernement.

Pour Sánchez, c'est un problème. Son gouvernement repose sur des accords fluctuants avec plusieurs partis régionaux et indépendantistes. Si Junts se range du côté du bloc de droite lors de votes décisifs, chaque projet d'envergure deviendra un nouveau test de résistance.

Cela s'est vu dès le jour même. Un décret royal du ministère des Transports prévoyant environ 1 000 millions d'euros pour la Renfe, les ports publics et le Salvamento Marítimo a également été rejeté. Là encore, Junts s'est aligné sur le PP, Vox et l'UPN pour voter contre le gouvernement.

Tout n'a pas échoué

La séance ne s'est toutefois pas soldée par un échec total pour Sánchez. Le Congrès a prolongé le programme „ Verano Joven “, qui permet aux jeunes âgés de 18 à 30 ans de bénéficier, pendant l'été, de réductions importantes sur les trajets en train et en bus.

Par ailleurs, deux autres initiatives ont progressé : l'interdiction des « thérapies de conversion » LGBTIQ+ devrait faire l'objet de sanctions pénales plus sévères. De plus, le transfert de l'autoroute galicienne AP-9 au gouvernement régional de Galice a été mis en route.

Cela décrit assez bien la situation actuelle à Madrid : le gouvernement peut encore faire adopter certains projets. Mais il ne peut plus compter de manière fiable sur le maintien de sa base parlementaire.

Combien de temps dure la pause estivale ?

La session ordinaire du Parlement espagnol s'achève en juin. Les travaux reprennent normalement en septembre. La pause estivale parlementaire s'étend donc généralement sur les mois de juillet et août.

Sur le plan politique, cela ne signifie pas nécessairement une véritable pause. Des séances extraordinaires peuvent être organisées si elles sont demandées par le gouvernement, la Diputación Permanente ou la majorité absolue d'une chambre. Ainsi, en période de tension, Madrid reste capable d'agir, même en été.

Quelles en sont les conséquences pour l'Espagne et la Costa Blanca ?

Pour la vie quotidienne sur la Costa Blanca, ce vote ne change rien pour l'instant. Il n'y a pas d'élections anticipées automatiques, pas de changement de gouvernement et aucune obligation légale pour Sánchez de poser la question de confiance.

Cette évolution n'en reste pas moins pertinente pour la Communauté valencienne. À Valence, c'est le PP qui gouverne, avec Juanfran Pérez Llorca à la tête de la Generalitat. Sa majorité aux Corts valenciennes repose sur le PP et Vox. Le PSOE y est le parti d'opposition, suivi de Compromís.

Les lignes politiques entre Madrid et Valence sont ainsi clairement tracées : dans la capitale, un gouvernement socialiste minoritaire est sous pression ; dans la Communauté valencienne, c'est le PP qui gouverne avec le soutien de Vox. Cette configuration influence également les débats sur les compétences, le financement et les investissements publics.

Pour les lecteurs de la Costa Blanca, cela ne signifie pas pour autant que des projets concrets seront automatiquement bloqués. Cela signifie toutefois que, lorsque la situation politique à Madrid est instable, il devient plus difficile de planifier des décisions à long terme. Cela concerne surtout les projets pour lesquels le gouvernement central et la région doivent collaborer.

La motion de censure reste un obstacle de taille

Après le vote, le chef du PP, Alberto Núñez Feijóo, n'a pas précisé s'il allait déposer une motion de censure contre Sánchez. En Espagne, une telle motion ne pourrait aboutir que si un chef de gouvernement de remplacement était élu en même temps.

Feijóo aurait donc besoin non seulement d'une majorité contre Sánchez, mais aussi d'une majorité en sa faveur. C'est justement là que réside toute la difficulté.

L'Espagne n'est donc pas sur le point de connaître un changement de gouvernement. Mais le Parlement aborde l'été affaibli. Sánchez reste en fonction, mais ses majorités sont devenues moins solides.

Références : ces informations s'appuient sur des reportages publiés par El País, Cadena SER, RTVE et elDiario.es, sur des données fournies par les Corts Valencianes, ainsi que sur l'article 73 de la Constitution espagnole.

Partager cet article

PUBLICITÉ

Autres thèmes

Politique

À lire également

Politique Actualités & politique Local Entreprises de la Costa Blanca