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Imposition à la sortie d'Espagne 2026 - Exit Tax pour les entrepreneurs

À partir de 2026, l'« exit tax » entrera en vigueur dans l'UE. Toute personne s'installant en Espagne avec des parts sociales devra s'acquitter immédiatement d'un impôt. Tout ce qu'il faut savoir sur les règles, les arrêts de la CJUE et les conséquences.

Imposition à la sortie Espagne 2026 - Exit Tax pour les entrepreneurs

Ce que l'on appelle l„“ imposition à la sortie » concerne tous les entrepreneurs qui détiennent des parts dans des sociétés de capitaux et qui transfèrent leur résidence d'un État membre de l'UE vers un autre. À l’avenir, les « plus-values latentes » – c’est-à-dire les bénéfices qui n’ont pas encore été réalisés – seront immédiatement imposées.

La directive européenne comme base juridique
Le fondement juridique est la directive européenne relative à la lutte contre l'évasion fiscale (ATAD, 2016/1164/UE). L'article 5 autorise les États membres à imposer la plus-value réalisée sur le territoire national en cas de départ.
Par ailleurs, la directive oblige les États membres à autoriser un échelonnement des paiements sur une période d'au moins cinq ans, afin de ne pas restreindre de manière excessive la liberté d'établissement au sein de l'UE.

L'Espagne en tant que pays de destination
Les personnes qui transfèrent leur résidence en Espagne ne sont dans un premier temps soumises à aucune imposition supplémentaire au titre du départ. C’est le pays d’origine qui est déterminant : l’impôt est dû avant même le déménagement, même si les participations ne sont pas vendues. Après l’installation, ce sont alors les règles fiscales espagnoles relatives aux revenus et au patrimoine (Impuesto sobre la Renta de las Personas Físicas, IRPF) qui s’appliquent. Afin d’éviter la double imposition, les conventions de double imposition applicables s’appliquent – par exemple la convention entre l’Allemagne et l’Espagne (CDI, 2012).

L'Allemagne, à titre d'exemple
L'Allemagne a transposé les dispositions de l'ATAD dans son droit national par le biais de la loi de transposition de l'ATAD (2021). La disposition principale est l'article 6 de la loi sur la fiscalité internationale (AStG) :
• Imposition en cas de départ du pays à partir d'une participation d'au moins 1%.

• Fin du report illimité : désormais, seul un paiement échelonné sans intérêts sur sept ans est autorisé (article 6, paragraphe 4, de la loi AStG).
• L'administration fiscale peut exiger des garanties et décider, au cas par cas, d'accorder ou non un paiement échelonné.
Pour les personnes qui émigrent en Espagne, cela signifie que le simple fait de quitter l'Allemagne entraîne une charge fiscale, sans qu'il y ait eu de transfert effectif d'argent.

Controversé au regard du droit européen
La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) a précisé à plusieurs reprises qu'une imposition immédiate au moment du départ peut restreindre la liberté d'établissement (affaires C-9/02 „ Lasteyrie du Saillant “ et C-371/10 „ National Grid Indus “). Si la CJUE accepte l’« exit tax » en soi, elle exige toutefois des modalités de paiement échelonné équitables. La question de savoir si les récents durcissements adoptés dans certains États membres sont conformes au droit européen fait donc toujours l’objet d’un examen judiciaire.

Quelles sont les conséquences pour les résidents en Espagne ?
• Une planification indispensable : toute personne qui s'installe en Espagne en provenance d'un État membre de l'UE appliquant un régime d'imposition à la sortie devrait vérifier les conséquences fiscales dès son pays d'origine.
• Garantir la liquidité : l'impôt pouvant être dû immédiatement, il faut disposer de réserves ou de solutions de financement.
• Éviter la double imposition : les interactions entre le pays d'origine, l'Espagne et les conventions de double imposition sont complexes ; il est indispensable de faire appel à un conseiller spécialisé.
• Suivre de près l'évolution juridique : les juridictions nationales et la CJUE se prononceront dans les années à venir sur la recevabilité de ces règles plus strictes.

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